Récipiendaires des médailles 2014 | english

La Médaille de l'ACP pour contributions exceptionnelles à la physique 2014

est décernée à

André-Marie Tremblay

"La physique m'a toujours passionné, mais je n'avais jamais cru qu'elle me ferait rencontrer autant d'étudiants, de postdocs et de collègues talentueux sans qui les bonnes idées n'auraient jamais pu voir le jour. Leur compagnie m'est précieuse et c'est en leur nom que j'accepte cette récompense. Merci aussi au programme CRC, à l'UdeS, à l'ICRA et aux nombreux organismes qui ont appuyé cette recherche" winner citation

L'Association canadienne des physiciens et physiciennes (ACP) est fière d'annoncer que la Médaille de l'ACP pour contributions exceptionnelles à la physique 2014 est décernée à André-Marie Tremblay pour son travail de pionnier dans la théorie des matériaux quantiques. announcement

La Médaille de l’ACP pour contributions exceptionnelles est attribuée à André-Marie Tremblay pour ses apports au domaine de la matière condensée et de la physique statistique, qui couvrent près de quatre décennies et un large éventail de sujets et de méthodes, et comprennent plusieurs apports majeurs.

Pour certains il est connu pour sa démonstration que le formalisme de Langevin peut s'appliquer aux états dissipatifs stationnaires. D'autres le connaissent pour son travail sur le bruit électrique dans les fractales et les amas de percolation où il a co-découvert le concept de multifractale. Ce concept représente un tournant radical dans la conception courante des exposants critiques, car les multifractales mènent à une hiérarchie infinie d’exposants, à l’opposé des phénomènes critiques ordinaires où seuls quelques exposants sont pertinents.

À sa nomination comme l’un des premiers membres du programme de supraconductivité de l’Institut canadien de recherches avancées en 1988, il entreprend un programme de recherches de longue haleine dans ce secteur très compétitif. La solution du modèle Hubbard en deux dimensions y est considérée comme le plus grand défi théorique. Ce modèle constitue le principal paradigme d’électrons sur réseau qui interagissent fortement entre eux. La difficulté dans le contexte de la supraconductivité à température élevée tient à sa nature non-perturbative, l’énergie cinétique et l’énergie potentielle étant comparables. La méthode que son équipe mettra au point au milieu des années 1990, l’approche auto-cohérente à deux particules, est non perturbative et répond à divers théorèmes importants, à des règles de somme et à des contrôles de cohérence. Cette approche donne le meilleur accord quantitatif avec des résultats numériques exacts considérés comme points de référence. Bon nombre de résultats d’expériences dans des cuprates dopés aux électrons trouvent leur explication naturelle avec cette approche.

M. Tremblay a aussi joué un rôle majeur dans la théorie des supraconducteurs à température élevée par son travail de pionnier, pendant dix ans environ, sur les approches numériques d'amas quantiques. Ses principales réalisations sont la première démonstration que le pseudogap résultant de corrélations fortes dans le modèle Hubbard peut expliquer plusieurs expériences sur les supraconducteurs à température critique élevée, le premier diagramme de phase en fonction du dopage ayant des plages d’antiferromagnétisme et de supraconductivité de type-d compatibles avec l'expérience, le premier diagramme de phase des supraconducteurs organiques en couches concordant avec les expériences. Il a aussi trouvé certains des arguments les plus forts en faveur de l’existence de la supraconductivité de type-d dans le modèle de Hubbard, pour les couplages faibles à intermédiaires. nominator citation

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