Quelle que soit la signification de cette citation, il est évident que les sciences et le gouvernement de tous les pays, de ce siècle, sont inexorablement entrelacés, pour leur avantage mutuel nous l'espérons.
Sur la scène nationale, où physiciens et astronomes semblent être en apparence sur la même longueur d'ondes, pour ainsi dire, ceux-ci travaillent efficacement et en coopération; individuellement et en équipes; les pieds sur terre et la tête dans les étoiles. Ils siègent aux pieds de géants sur les épaules desquels ils se tiennent et voient leur avenir avec la même passion qu'ils ont déjà vouée au passé. Ils cherchent l'appui du gouvernement. En 1967, Sir Brian Medawar a affirmé que
"aucun scientifique n'est admiré pour ne pas avoir résolu des problèmes qui surpassent ses compétences. Tout ce qu'on peut espérer, c'est le mépris de politiciens utopiques. Si la politique est l'art du possible, la recherche est sûrement l'art du soluble. Tous deux sont immensément pragmatiques. Les bons scientifiques étudient les problèmes les plus importants qu'ils croient pouvoir résoudre. Après tout, c'est leur profession de résoudre des problèmes, et non seulement de les saisir."
Dans notre pays, la résolution de problèmes par les scientifiques est principalement financée par des fonds fédéraux et, dans ce contexte, il est à noter que le Canada vient de vivre, cet été, une élection dont les résultats ont été très surprenants pour certains, sans plaire à qui que ce soit. Le vieil adage que "une semaine en politique est une éternité" n'a jamais été aussi vrai dans ce pays qu'en juin 2004. Aucun politicien, citoyen ni sondeur ne semblait bien comprendre le déroulement de la campagne, mais, alors que les résultats sont analysés et que la poussière retombe, les physiciens peuvent se réjouir du retour à Ottawa de plusieurs amis et collègues qui ont montré leur appui indéniable à la découverte, à l'innovation et aux comités subventionnaires comme éléments essentiels au moteur de l'économie. Les discours du trône successifs à Ottawa indiquent dernièrement que c'est le cas. Le retour au Parlement de Peter Adams, député de Peterborough, est particulièrement bien vu par ses amis et collègues de l'Association canadienne des physiciens et physiciennes qui ont suivi son rôle dans l'évolution et les succès du Caucus du gouvernement sur l'éducation postsecondaire et la recherche, conseillant au gouvernement d'appuyer les sciences dans l'intérêt d'une nation éclairée. L'influence de ce comité, qu'il préside depuis quelque temps, sur les considérations budgétaires et l'appui général du gouvernement fédéral pour l'enseignement supérieur a été considérable, et l'appui du Premier Ministre est évident compte tenu de l'acceptation de plusieurs initiatives proposées.
En 2001, dans un mini numéro thématique spécial de La Physique au Canada, Peter Adams et Reg Alcock, député, présentement président du Conseil du Trésor, ont respectivement contribué à des articles en profondeur sur "La recherche au Parlement" et "Investir dans la recherche des connaissances". Les conseils donnés dans ces articles ont été inestimables pour tous les physiciens qui espèrent effectuer des démarches de pression pour appuyer leurs projets de recherche, qu'ils soient de nature académique ou technique. À cette époque, le fait que le Comité permanent de l'industrie ait reçu un rapport annuel du Conseil de recherches en sciences naturelles et en génie sans comprendre que les références au 'CRSNG' lors de la présentation orale étaient à l'acronyme du Conseil, démontre que beaucoup de travail de fond reste à faire par les scientifiques pour assurer que leurs communications tant écrites qu'orales soient compréhensibles et sensibles aux politiciens qu'ils espèrent influencer. Anne McLellan, députée, depuis son mandat comme ministre des Ressources naturelles, et Ralph Goodale, député et ministre des Finances, avec de l'expérience au Ministère de l'Agriculture et à la Commission canadienne du blé, connaissent tous deux très bien l'importance des sciences et des scientifiques pour le Canada, et doivent être des interprètes précieux des affaires scientifiques au Cabinet. Le président de la Chambre des communes, Peter Millikan, député de Kingston et des îles, est aussi très précieux pour la communauté scientifique en raison de son intérêt et de sa participation aux conférences sur la politique scientifique et publique.
Au moment où le nouveau gouvernement planifie son programme, il sera important pour l'ACP d'aviser tous les partis de ses initiatives et de sa perception des besoins nationaux en matière scientifique. De nombreux députés de tous les partis seront prêts et disposés à participer au dialogue sur les questions scientifiques, surtout dans cette situation de gouvernement minoritaire. Les physiciens ne doivent pas manquer les occasions qui se présentent à eux; alors, foncez. Nous sommes actifs, créatifs et bien vivants!
En janvier 2005, nous entamons le centenaire de l'année "miraculeuse " d'Einstein, moment où nous devrons revenir sur le passé et regarder de l'avant comme Janus, dieu grec qui a donné son nom au mois de janvier. Beaucoup d'événements et de travaux sont planifiés pour 2005, couvrant les précurseurs de certains travaux d'Einstein, et la découverte d'autres sujets dans des domaines connexes, mais surtout non reliés à la physique. Vous êtes invités à faire parvenir au rédacteur de cette revue vos lettres, ainsi que tout article pertinent sur cette célébration et cet anniversaire, et ce le plus tôt possible!
La physique au Canada se porte bien, ainsi que cette revue. Grâce à l'aide de nos lecteurs, nous pouvons rendre l'année 2005 réellement mémorable. Je vous souhaite un bon été.
Nous accueillons les commentaires de nos lecteurs au sujet de cet éditorial.
Jasper McKee, phys.
Rédacteur, La Physique au Canada
mckee@physics.umanitoba.ca
Le genre masculin n'a été utilisé que pour alléger le texte.